CONGEDIMENT






Il faudra précautionneusement replier la chaleur
La maintenir, ramassée et huileuse
Au cas où
Au cas où les épaules
Lui donner un lieu saint au creux de la mémoire
Et sans un mot, sous les paupières closes
L'honorer sans répit
Au fond de chacun des pores de la peau qu'elle cuivrait
Il faudra désapprendre à s'épendre
Se resserrer et s'étonner
De presque supporter
Tous les gris
Les vents
Les pluies
Les claquements des thermomètres
Prévisibles en janvier
Sans blémir
Sans blémir
Il faudra limiter l'idée des bienfaisances
Celle aussi des pénétrations d'un soleil
Disponible, disposé, patient
Résister aux fugues
Résister
Quand le ciel s'éventrera sur un lit de mercure
Distant, discret, mutique
Loin le point où les jambes étaient nues
Les mains moites et lâches au toucher
Et l'oubli des saisons




Août 2017





IMPULSION










Accrochés aux bords du vide stellaire
Le presque extrême, l'arrondi
Nous voûtons nos os sous les manœuvres obscènes
Les éclats, les fissures de la libération
Orage impensable qui claque à nos oreilles
Nous fait une fois de plus
Craindre pour notre insignifiance
Brutale explosion des règles tacites
Où plus aucun de nous ne mène
Mais attend

Le côtoiement des tonnerres
Avive comme une entaille
Les mémoires de fin du monde
Hypnose, hypnose et fébrilité
S'abandonner sous les déluges
Est un destin mielleux
La peur passable, la légère excitation
Fermer les voies d'accès à l'anéantissement
L'orage massif, la pleine passivité
L'humilité enfin dans la matrice







Mai 2017