SORTIE




Mon sang était à marée basse, retiré autour du seul îlot encore visible
Engourdie, je dormais le jour et creusait la nuit
Prête à repousser tout intrus en baissant simplement les paupières
Le retour à la surface se fait par pulsations
J'écarte les ombres d'une main
Avec précaution les pieds explorent un point au loin, en brillance

Courir est un quatuor
Le picotement dans les veinules repousse l'andante au bout des doigts
Il finira sur le dos, flottant
Eau ou larme emportées le long de la joue vers le silence des profondeurs
Abandonnée un instant ma lourdeur informe
Aux bras moelleux, tendus de l'Océan



Juillet 2014



ACTION






L'air sature d'argile
L'hygrométrie a abandonné son poste
On s'écoule
On s'enfourne dans la touffeur
Dedans dehors s'enlacent avec passion
La salive coule le long des murs
Les aisselles suintent sous la moiteur
Des pièces de corps flottent sur les lits culbutés
Par compassion une brise d'urgence
Embrasse les bouches entr'ouvertes
Dernier sursaut avant la liquéfaction
Tous nos organes attendent l'orage
Il ne vient jamais
Nus et délavés
On le sait




Juillet 2014
Saison cyclonique












AIR





Lourde et saturée la voûte s'écrase enfin
Sous la pression maligne des vents venus d'ailleurs
La lumière fond
Les fautes impunies s'écoulent dans une humidité oublieuse
Tous se taisent
Le cyclone s'immole en pleurant
Par brassées fertiles les masses d'eau pivotent
Le centre s'est liquéfié
Les murs ondulants l'absorbent
Pluie sans but autre que sa chute
Son arrogance éphémère, sa susceptibilité
Un retour vers les sofas bibliques encore moites
Rejoué chaque saison, l'air se sature à l'envers



Juillet 2014

Saison Cyclonique