TIRAGE
Chaque soir s'impose leur mêlée assourdissante
Les millions de gorges coassant sans faiblir à nos survies
La nuit ne tombe plus
S'accroche au ciel par vagues fulgurantes
Et douces
La nuit s'extrait du sol
Se crée chaque soir
Au toucher des mousses et des archanges fatigués
Le rouge n'est plus une couleur
2013
EMPRISE
Ventre
Dos
Cou
Front
Cuisses
Dos
Cou
Front
Cuisses
Reconvertis aux odeurs animales
Ruissellement
Exsudation
Nuées salées
Débordements
Débordements
Mon corps me liquéfie
Corruption
Corruption
Les matières m'écoulent
Partout des adhérences aux fibres
Partout des copulations imprévisibles
Partout des copulations imprévisibles
Mon corps me glisse entre les doigts vers ses marges
Le repos mouillé de ses fermentations
Mon corps me fuit
Ventre
Dos
Hanches aussi
Dos
Hanches aussi
Une flaque de sueur qui n'est plus tout à fait moi.
2012
VESTIGE
L'impulsion végétale envahit les affaires, l'homme la longe
Gravide de cette offre qui le comble à cent quatre-vingts degrés
Le miroir sombre de sa présence équivoque
Le miroir sombre de sa présence équivoque
Prolifération inapaisable des floraisons guettant, au plus large ciel possible
Le temps de nouveau touché des matrices éternelles
La route la traverse, bénigne, abêtie de présent
Elle disparaîtra en son heure
Étouffée sous un compte-à-rebours enfin devenu plat
2012
REPRODUCTION
Roulant encore sur cette autoroute aussi chargée que les coronaires d'un lendemain d'orgie
Soudain s'est abattue l'habitude sur la tentation de voir
Comme sont rapides à disperser l'ozone les affaires quotidiennes !
J'appuie ma tête oublieuse sur la bouche des flamboyants jonchant l'indifférence
Lissant de leur passion de velours les écailles des jours
Septembre 2012
EFFET
Face aux flots
Femmes, hommes s'allongent
Femmes, hommes se relèvent
Femmes, hommes suant leurs appétits
Pliés sous les instances de la pénitence
Ils épuisent leurs péchés, ceux d'hier
Dans le sermon radical de la chaleur
Dos au parking saturé sous la seule ombre joignable
Ceux de demain, leurs corps s'envoûtent à l'effort
Traquent l'éternité
Hommes, femmes courent jusqu'au bout de la baie
Insensibles à la densité des appels gémis par les fonds sous-marins.
Un dimanche, Plage du Diamant
2012
REPERCUSSION
Le temps de la conservation de soi
S'absorbe dans les ordres vibrants
S'absorbe dans les ordres vibrants
Du conquistador aux épaules d'airain
Accostant aux terres bénies de la sveltesse
Des hordes de corps se tendent
Des hordes de corps se tendent
Enflammées par l'effort
Les faces humides tournées vers le puissant
Les faces humides tournées vers le puissant
Au rythme de sa volonté sans faille
Les muscles luisants roulent
Les muscles luisants roulent
Engloutis sans écho dans le ronflement de l'océan.
Un dimanche, Plage du Diamant
2012
RAYONNEMENT
Je m'enfoncerai lentement dans les états d'âme des lézards verts
Jusqu'au silence
De plus en plus bas vers l'étonnement
Celui des excès peu tangibles
L'abondance des cohues
L'abondance des cohues
Les chocs infiniment reconduits des paroles exténuantes
S'éclipseront sous la vigilance muette
De l'effort minéral
Tête en bas, absorbée par l'attente qui me contient
Tête en bas, absorbée par l'attente qui me contient
J'irai entrouvrir le temps sans arabesque
Il me privera du superflu avec une générosité sans borne
L'absence de fin
Le mouvement tragique des pas du tylocéphale.
Le mouvement tragique des pas du tylocéphale.
2012
Subscribe to:
Posts (Atom)














